dimanche, août 14

Kinshasa : la proposition de la présidente de CRIC, Stephanie Mbombo pour résoudre la question des inondations

Des pluies diluviennes se sont abattues sur Kinshasa dans la nuit du lundi à mardi 23 mars 2021. De nombreux quartiers du pays se sont réveillés sous eau. Le pont à Njili a subi de sérieux dommages.

Stéphanie MBOMBO, présidente du Cercle des Réformateurs Intègres du Congo, (CRIC) s’est rendue auprès des sinistrés, n’hésitant pas à partager leur condition et les dangers d’une situation pas encore maîtrisée.

Interview :

Madame MBOMBO, vous n’êtes pas responsable civile de Tshangu, qu’est-ce qui explique votre présence ici ?

Nous ne pouvons pas attendre d’avoir un poste pour compatir avec nos compatriotes, c’est-à-dire, nos frères, nos sœurs, nos enfants et nos parents. Nous ne pouvons accepter plus longtemps ce comportement qui consiste à ne voir les responsables politiques qu’au moment des élections. La vie n’attend pas la veille de 2023. Nous ne pouvons pas attendre d’être élue pour comprendre, ça n’est qu’en comprenant bien les choses que l’on peut agir adéquatement. Nous ne devons pas attendre d’être au Gouvernement pour se dire préoccupée par le sort des populations sinistrées. C’est notre philosophie dans CRIC. C’est ce qui explique ma présence auprès des miens.

Quel est votre sentiment après avoir été sur terrain ? On vous a vu les pieds dans l’eau.

C’est un sentiment de désolation. Certes, l’eau peut occasionner des dégâts partout dans le monde, mais sans précautions urbanistiques, nous risquons de payer un prix très fort à chaque fois que des pluies diluviennes tomberont sur nos villes. Ce qui risque d’arriver souvent, compte tenu de notre climat et du réchauffement climatique. Or, gouverner, c’est prévoir. Plus que les autres pays, la RDC a une responsabilité environnementale de premier rang. C’est pourquoi, l’environnement est un des cinq piliers de CRIC.

Vous pensez que ces sinistres ont à voir avec l’environnement ?

Nécessairement. Le respect de l’environnement suppose entre autres : le respect des normes d’urbanisme : canalisation, terrassement, bassins d’orage pour recueillir le surplus de précipitations lors de grandes pluies. C’est un chantier immense qui ne concerne pas que la Gombe. Chaque espace du territoire doit faire l’objet de l’attention des Bourgmestres et de la ville. Les constructions dans de nombreux quartiers ne respectent pas ces prescrits. Tôt ou tard, les gens perdent tout ce qu’ils ont, et c’est très pénible de voir des frères congolais pâtir d’une situation que l’on aurait pu, sinon éviter, au moins atténuer.

Quel rôle devrait jouer l’Etat ?

L’Etat est l’organisateur de la cité. Son rôle est de placer le cadre urbanistique et de veiller à sa stricte application. C’est à lui qu’incombe la responsabilité de créer les infrastructures capables d’absorber les caprices prévisibles de la nature.
Par ailleurs, savez-vous que nous sommes une des plus grandes puissances vertes de la planète, par la volonté de Dieu ? Nous tenons le sort de cette planète entre nos mains, est-ce que nous l’enseignons à nos élèves, nos étudiants ? C’est aussi le rôle de l’Etat de conscientiser son peuple sur sa place dans le concert des Nations. Les autres pays devaient prendre exemple sur nous. Au lieu de ça, nous remplissons nos canalisations et même nos sols de plastiques. Ces mêmes plastiques, simples sachets d’eau par exemple, achetés quelques francs qui empêchent les sols d’absorber l’eau vers les couches plus profondes. Le prix écologique à payer pour la collectivité est trop lourde. Or, chaque seconde il y a quelque part dans ce pays des centaines, voire des milliers de sachets que l’on jette en ignorant que nous sermons une catastrophe écologique qui aura des répercussions sur nous-mêmes.

Nous avons été surpris par la conscience, l’intelligence de cette femme congolaise, mariée et mère de trois enfants. Son empathie envers les plus faibles est rare que pour le souligner. Compte tenu de son cursus universitaire brillant et de son expérience professionnelle, on s’attendrait à la voir réfugiée dans les plus beaux salons de la ville, loin de la cité où se joue le sort des plus faibles, mais c’est plus souvent dans ces zones modestes qu’il faut rechercher Stéphanie MBOMBO.

Après des études de droit à l’UPC, qu’elle complétera par un master complémentaire de droit européen à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Elle fera un Master of Business Administration (MBA) à l’Université de Canberra en Australie.

Avec une carrière nationale précoce et étoffée (haute Cour militaire, conseillère du Ministre des affaires étrangères, chef de département académie diplomatique congolaise) et une internationale très riche ( Commission européenne, Nations Unies, représentante de la chambre des mines FEC en Australie) pour cette femme qui n’a pas quarante ans, on ne peut que souhaiter de la voir briguer un poste de haute responsabilité en République Démocratique du Congo.

Le changement tant attendu par le peuple congolais ne se fera qu’à la faveur de personnes d’expérience : compétentes, intègres, désintéressés qui nous montrent une façon de faire nouvelle, notamment sur le terrain. C’est l’une d’elle que nous avons rencontrée. Elle, c’est Stéphanie MBOMBO.

Jonathan Kataliko et William CRIC

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