lundi, décembre 8

Santé mentale : le Burundi et le HCR unissent leurs forces pour répondre à l’urgence psychosociale

Le Ministère de la santé publique du Burundi, en collaboration avec le HCR, organise à Bujumbura un atelier de mobilisation sociale et de formation sur l’Ensemble Minimum de Services en santé mentale et soutien psychosocial, du 25 au 28 novembre 2025.

Dans son discours d’ouverture, Jean de Dieu Havyarimana, Directeur du Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles, représentant le ministère de la santé publique du Burundi, a indiqué que cet atelier vise à réfléchir aux meilleures stratégies pour soutenir les personnes présentant des troubles mentaux, y compris les réfugiés récemment arrivés de la RDC, et à déterminer les approches d’accompagnement les plus appropriées.

Léopold Ndikuriyo, responsable du Service chargé du suivi de la santé mentale, a présenté un exposé sur l’état de la santé mentale au Burundi. Il a souligné que, bien que les maladies mentales aient toujours existé dans le pays, la prise en charge des patients s’est nettement améliorée ces dernières années. Parmi les facteurs contribuant à l’apparition de ces troubles, il a cité les violences basées sur le genre, les séparations familiales, les pertes de biens suite aux moments de guerre, ainsi que d’autres traumatismes liés au vécu quotidien des individus.

Il a rappelé que la maladie mentale est une pathologie comme les autres, pouvant toucher n’importe qui, et qu’un diagnostic précoce permet une prise en charge plus efficace.

Dans son mot de circonstance, Dr Pepe Bea Vogui, qui a representé le HCR, a insisté sur l’urgence d’intégrer pleinement la santé mentale dans les interventions humanitaires.
Il a mis en évidence la détresse profonde observée chez certains réfugiés récemment évalués, notamment une forte prévalence de pensées suicidaires chez les adolescents, une augmentation de la consommation de cannabis et un manque de ressources suffisantes pour répondre aux besoins psychosociaux.

Face à ces défis, il a plaidé pour le renforcement de l’approche communautaire, notamment à travers la formation de volontaires réfugiés capables de repérer et d’orienter leurs pairs vers les services appropriés.

Dr Pepe Bea Vogui a également invité les parties prenantes à faire de la santé mentale un investissement dans la dignité humaine et la résilience des communautés, précisant que chaque progrès réalisé contribue à des réponses plus cohérentes et plus durables.

Il a enfin annoncé que le HCR continuera de collaborer avec le Burundi pour améliorer la prise en charge de la santé mentale chez les réfugiés.

Dodo MATHE

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