mardi, décembre 9

Révision de la constitution Congolaise [Tribune de Jean Thierry Monsenepwo] : « Tous Savent que le président Tshisekedi a raison »

Dans la considération générale Jean Thierry Monsenepwo indique que, le débat sur la révision de la Constitution du 18 février 2018, perçue comme un traité d’armistice entre belligérants de l’époque, ne date pas d’aujourd’hui. Tout le monde sait qu’en 2011 déjà, certaines dispositions de la Loi fondamentale étaient jugées obsolètes au point de faire l’objet d’une révision Constitutionnelle au forceps intervenue à la veille des élections générales. Une révision qui n’était manifestement pas du goût d’une frange importante de l’opinion nationale, décidée à obtenir notamment la reconduction du deuxième tour de l’élection présidentielle.

Parmi les tenants de cette révisitation pressante de la Constitution figurent des personnalités de haut rang dont la plupart peuplent actuellement l’opposition. Je ne fais pas ici allusion seulement à l’ancien Premier Ministre Adolphe Muzito qui a toujours soutenu, in tempore non supecto, que le constituant de la troisième République n’avait aucune légitimité pour rédiger un projet de Constitution, et que cette tâche est l’apanage exclusif des parlementaires élus par le peuple.

Un savant congolais, doctrinaire en droit de son état, en l’occurrence le Professeur Evariste Boshab, s’était même fendu d’un chef-d’œuvre épique en 2014, dans lequel il rappelait aux uns et aux autres qu’une Constitution qui ne s’ajuste pas à l’évolution sociologique, culturelle, politique, géopolitique et économique de la société, est susceptible de provoquer l’inanition de l’État. En d’autres termes, ce constitutionnaliste Congolais de renom voudrait tout simplement dire qu’aucun sujet n’est tabou lorsqu’il s’agit d’apporter des améliorations au contrat social par excellence qu’est la Constitution.

Pas plus tard qu’au début du premier mandat du Président Tshisekedi, une crème de l’élite nationale constituée en un think tank dénommé G13 avait fait de la révision de la constitution son cheval de bataille. Les Delly Sessanga, Christophe Lutundula, Patrick Muyaya, Professeur Ndjoli, Claudel Lubaya et autres sociétaires du G13 fustigeaient notamment la léthargie dans l’administration des provinces et l’inertie du parlementarisme à outrance face à l’épaisseur de légitimité du Président de la République élu au suffrage universel direct.

À l’époque ces intellectuels Congolais pestaient notamment contre d’interminables conciliabules politiciens préalables à la mise en place de l’exécutif. La majorité FCC-CACH de l’époque avait figé le Premier Ministre Ilunga Ilunkamba dans l’inaction pendant plus de trois mois sans le moindre consensus sur la possibilité de former un Gouvernement.

Renvoyer aux calendes Grecques une révision constitutionnelle qui s’impose ?, S’interroge ce politicien proche du pouvoir actuel et argumente.

À vrai dire, l’opinion nationale est pleinement consciente des failles contenues dans la Constitution de la RD Congo comme dans toute œuvre humaine, et de la nécessité d’une mise à jour urgente. Il suffit par ailleurs de recourir à la Loi fondamentale elle-même pour y déceler des dispositions constitutionnelles pertinentes qui indiquent clairement la voie à suivre aussi bien pour la révision que pour le changement de la Constitution.

À cet égard, il convient de bannir toute procrastination et politique de l’autruche qui voudrait que le pays continue à faire du statu quo constitutionnel au lieu d’ôter les pesanteurs constitutionnelles qui freinent le décollage du développement endogène.

Dans cette tribune Jean Thierry Monsenepwo, précise que le président a raison car il est « Bloqué ».

La Constitution actuelle a manifestement tendance à figer le pays tous les 5 ans, à l’orée de chaque législature. La loi fondamentale de la troisième République fixe à 5 ans la durée du mandat du Chef de l’État, de même pour les députés nationaux, sénateurs, députés provinciaux et gouverneurs des provinces.

Fred Mastaki Rex

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