
La communauté Rwandaise de France (CRF) a saisi le 15 novembre 2025 l’autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (ARCOM), concernant un article publié le 10 novembre 2025 par la Radio France Internationale (RFI), donnant une plateforme aux forces armées de libération du Rwanda, en sigle FDLR.
Dans son communiqué rendu public, le Président de la CRF, Christophe Renzaho, écrit, dans l’article « RDC : Nous résisterons jusqu’à ce que Kigali accepte un dialogue », affirmant les FDLR. Pour elle, le Journaliste Patient Ligodi présente les FDLR comme un simple groupe armé « un des plus anciens encore actifs dans l’Est du Congo », omettant qu’il s’agit d’une milice génocidaire comptant des responsables du génocide comis contre les Tutsi en 1994, soumise à des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, des États-Unis et de l’Union Européenne Pour crime au Rwanda et dans l’Est dans l’Est du Congo (massacres, nettoyage ethniques, violences sexuelles massivement depuis 30 ans, crimes pour lesquels leurs chefs ont été condamnés en Allemagne.
La CRF déplore que RFI, media du service public promouvant les valeurs démocratiques ait omis toute contextualisation et relayé sans vérification le message de ce groupe, lui conférant ainsi une responsabilité illégitime.
« La loi du 30 septembre 1986, le cahier des charges de France Médias Monde et la charte déontologique de RFI imposent rigueur, honnêteté, contextualisation des sujets sensibles, et interdisent de service de caisse de résonance à un groupe armé violent », dénonce la CRF.
La CRF observe que cet article après que Kinshasa a menacé début janvier 2025 certains médias français de « sanctions exemplaires », évoquant la peine de mort pour les journalistes contredisant la ligne officielle. Ces pressions ont pu conduire certains médias a relayer sans distance critiques le discours des autorités congolaises, au détriment du pluralisme et de la sécurité des communautés Rwandophones ciblées par des discours de haine.
La CRF demande à l’ARCOM de constater le manquement déontologiques et légaux et de prendre des mesures garantissant le respect des obligations qui s’imposent aux médias concernés. La CRF s’est dit restée mobilisée pour la défense de la vérité historique et la lutte contre la haine et l’impunité.
Rédaction