
L’agression rwandaise contre la RDC n’est pas une guerre, c’est un hold-up. Paul Kagame ne rêve pas de Kinshasa. Il rêve des minerais de l’Est. Son ambition n’est pas la conquête, mais le pillage institutionnalisé.
Imaginer ses bataillons traverser le Congo, c’est lui prêter une puissance fantasmée. L’Histoire est têtue : en 1998, isolé, Kigali n’a pu dépasser Kisangani. La vérité est crue : le Rwanda est trop petit pour avaler le géant.
La farce des proxies. Le véritable génie de Kagame ? La sous-traitance de la trahison. Hier, il s’habillait en Kabila, en Ngoie, en Onosumba et Wamba.
Aujourd’hui, il endosse le costume miteux de Corneille Nanga. Ce dernier n’est pas un révolutionnaire. C’est un affairiste vengeur, hallucinant un trône à Kinshasa, convaincu de pouvoir duper son propre commanditaire. Il croit rejouer l’épopée de l’AFDL, sans en avoir ni l’envergure, ni le contexte, ni le soutien.
Le piège se referme. Nous assistons donc à une escroquerie en miroir. D’un côté, Kagame, le stratège froid, qui pense utiliser un pantin congolais pour légitimer son brigandage. De l’autre, Nangaa, l’apprenti sorcier qui croit chevaucher le tigre rwandais pour régler ses comptes personnels avant de s’en émanciper. Chacun est persuadé de rouler l’autre. Cette méprise mutuelle est leur talon d’Achille.
L’indestructible conscience congolaise. Ils oublient l’essentiel : l’âme congolaise. Notre histoire, écrite dans le sang et la résilience, a forgé un réflexe national viscéral : le rejet absolu de la balkanisation et de la tutelle étrangère. Nangaa et ses semblables ne sont que l’écume momentanée d’un océan de dignité. Ils peuvent vendre leur âme ; ils ne vendront pas la nôtre.
L’avenir a déjà tranché. Alors, qui perdra à la fin ? Kagame, englué dans son rêve expansionniste, déjà mis à nu par les rapports internationaux ? Nangaa, promis au sort tragique de tous les fantoches, tôt ou tard consumés par la logique de leur maître ?
La réponse est ailleurs. Le grand perdant est déjà désigné : c’est le projet lui-même. L’alliance contre-nature entre un expansionniste et un opportuniste est un édifice de sable. Il s’effondrera sous le poids de ses propres contradictions et face à la résistance, têtue et féroce, d’un peuple qui a déjà enterré bien d’autres chimères.
La Republique Démocratique du Congo n’est pas à vendre, surtout pas aux imposteurs.
Tribune libre 153