
Le Collectif de Victimes de l’Agression Rwandaise, CVAR-ONGDH, alerte sur de graves violations des droits humains dans la localité de Bweremana, en territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Dans un message rendu public jeudi 31 juillet 2025, sa Cellule de Communication évoque une série d’arrestations arbitraires, de tortures, et d’exécutions extrajudiciaires, opérées dans des cachots clandestins tenus par le M23/AFC/RDF.
D’après des témoignages recueillis auprès de survivants, une partie des jeunes arrêtés est exécutée, tandis que ceux qui survivent sont menacés de mort s’ils osent témoigner. Plusieurs cas de disparitions sont documentés. Parmi les jeunes cités figurent Kaharira Mahemu, arrêté depuis le 12 juin 2025, Tumani Matembera, Eloi Benoît, tous deux arrêtés depuis le 25 mai 2025, et Ruphin Mutanyerera, disparu depuis son arrestation le 10 juillet 2025. D’autres victimes restent non identifiées pour des raisons de sécurité, indique le CVAR.
Le principal centre de détention, selon le rapport, se trouve à proximité du bureau administratif de la chefferie de Bahunde, non loin du centre de santé de Bweremana, au bord du lac. Ce cachot, tenu par des éléments du M23/AFC appuyés par des membres du RDF, serait un lieu de torture et d’exécutions. Le CVAR cite nommément Ilunga comme chef de centre, Prospère comme chargé des opérations de torture et d’exécution, et Bwira comme responsable de l’administration.
Le CVAR déclare poursuivre la documentation de ces violations graves des droits humains, et se dit disponible à fournir des éléments de preuve à toute initiative judiciaire nationale ou internationale qui viserait à rendre justice aux victimes. Le collectif appelle les autorités, les organisations internationales, et les défenseurs des droits humains à se saisir d’urgence de cette situation pour éviter d’autres pertes en vies humaines.
Depuis l’occupation de plusieurs zones du territoire de Masisi par le M23/AFC avec l’appui présumé du Rwanda, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’oppression, la répression, et les exactions contre les populations civiles, en particulier les jeunes hommes souvent soupçonnés d’être des opposants. Le silence autour de ces crimes, et l’impunité persistante, nourrissent un sentiment d’abandon au sein des communautés locales.
Fred Mastaki Rex