samedi, décembre 6

La signature des accords de paix entre la RDC et le Rwanda ne peut être réduite à un simple geste diplomatique (CVAR)

Pour le Collectif des Victimes de l’Agression Rwandaise (CVAR), la signature des accords de paix entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda ne peut être réduite à un simple geste diplomatique. Elle doit s’accompagner de mesures concrètes et immédiates, capables de transformer la vie des populations meurtries par des années de violences.

Les médiateurs, qu’il s’agisse des États-Unis ou d’autres acteurs internationaux, ne gagneront en crédibilité que s’ils veillent à une application instantanée des engagements pris. La paix ne peut attendre, car chaque jour de retard se traduit par de nouvelles souffrances dans les villages et les camps de déplacés.

Les populations de l’Est du Congo vivent sous la menace constante des rebelles et de la présence militaire rwandaise. Elles aspirent à un soulagement réel, à la sécurité, à la possibilité de reconstruire leurs vies. Les accords doivent donc prévoir le retrait vérifiable des forces étrangères, la démobilisation des groupes armés et la mise en place de mécanismes de protection humanitaire. Sans cela, la paix restera une promesse creuse, incapable de répondre aux attentes des victimes.

Mais la paix véritable ne peut se bâtir sur l’oubli des crimes. L’impunité est le terreau des violences répétées. Il est indispensable que la Cour Pénale Internationale ouvre une enquête sérieuse, recueille les preuves et protège les témoins. Trop de victimes sont réduites au silence par la peur et la terreur. Leur parole doit être libérée, leur dignité restaurée. La justice n’est pas une option secondaire, elle est la condition même de la réconciliation.

Les victimes doivent être placées au centre du processus. Elles ne sont pas des chiffres dans un rapport, mais des vies brisées qui réclament réparation et reconnaissance. La répartition équitable des réparations, l’accompagnement psychologique et la mémoire collective sont des piliers indispensables pour tourner la page des violences. Sans justice et sans réparation, la paix ne sera qu’un mirage.

Le Rwanda doit être recadré. La communauté internationale doit envoyer un signal clair : la souveraineté de la RDC n’est pas négociable et les ingérences doivent cesser. La stabilité de la région des Grands-Lacs dépend de la fin des interventions déstabilisatrices et du respect des frontières.

La paix durable exige des actes courageux, une volonté sincère et une solidarité internationale qui place la dignité humaine au-dessus des calculs politiques.

Dodo MATHE

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