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Goma sous terreur : les cachots secrets du M23

Un document accablant de l’ONG ARJPDH lève le voile sur l’archipel carcéral clandestin instauré par le M23. Entre tortures systématiques et centres de détention illégaux, la ville est devenue le théâtre d’une répression invisible mais brutale.

Derrière les façades de bâtiments officiels et les enceintes sportives de la capitale provinciale du Nord-Kivu, se cache une réalité glaçante : un système de détention occulte orchestré par le M23 depuis sa prise de la ville en janvier 2025.

Dans un rapport publié fin décembre, l’organisation Action pour la Réforme de la Justice et la Promotion des Droits de l’Homme (ARJPDH) dénonce une stratégie de terreur méthodique visant à briser toute velléité de résistance civile.

L’enquête de l’ARJPDH répertorie plusieurs « sites de la mort » où l’arbitraire fait loi. Le centre surnommé « Chien Méchant », ancien bureau de l’ANR, est décrit comme l’épicentre de la torture. Le Stade de l’Unité, jadis lieu de rassemblement populaire, aurait été détourné en centre d’interrogatoires musclés et de supplices collectifs.

La liste des sites identifiés s’allonge : le complexe SMIDD, l’Assemblée provinciale, le compound de la 34ème région militaire, ou encore le site de Kanyaruchinya. Partout, le constat est le même : des civils s’y volatilisent, soupçonnés de collaboration avec Kinshasa. Survivre dans « l’inhumain », les témoignages recueillis auprès de 18 rescapés dépeignent des conditions de détention qui défient l’entendement.

Entassés à 60 dans des espaces exigus, privés de lumière et d’hygiène élémentaire, les détenus croupissent dans une promiscuité fétide. Au manque de nourriture s’ajoute la barbarie des sévices ,coups de câbles électriques, marteaux, suspensions prolongées et mutilations génitales. Le viol est également utilisé comme arme de guerre psychologique, à l’instar du calvaire subi par Marie-Chantal Muhindo après l’évacuation forcée du camp de Bulengo.

« J’ai vu des hommes mourir sous les coups au Stade de l’Unité », témoigne Emmanuel Kabanda, l’un des rares à être sorti vivant de cet engrenage.

Face à ce que l’ARJPDH qualifie de crimes contre l’humanité, l’urgence est à l’action. L’organisation, membre de la Coalition pour la Cour pénale internationale (CPI), exige :
L’accès immédiat des observateurs de l’ONU aux sites de détention. L’ouverture d’une enquête formelle par la CPI sur les responsables de ces centres.

La protection immédiate des avocats et activistes, tels que Maître Joseph Mukendi, dont les bureaux sont la cible de perquisitions systématiques.

Alors que Goma vit sous le joug d’une administration de fer, ce rapport de l’ARJPDH agit comme un cri d’alarme, le silence des murs des cachots clandestins ne doit plus couvrir les cris des victimes.

La rédaction

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