mardi, janvier 13

Est de la RDC : les attaques contre les humanitaires augmentent, le Nord-Kivu toujours très touché

Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, et particulièrement au Nord-Kivu, la situation sécuritaire continue de mettre en danger les travailleurs humanitaires. Selon le bulletin du mois de décembre 2025 publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), les incidents visant les acteurs humanitaires sont en nette augmentation. Cette région, marquée depuis des décennies par la présence de groupes armés locaux et étrangers ainsi que de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, reste l’une des plus instables du pays.

D’après ce document consulté le jeudi 08 janvier 2026, 48 incidents ont été recensés en décembre 2025 dans l’Est de la RDC, contre 39 en novembre. Le Sud-Kivu arrive en tête avec 24 incidents (50 %), suivi du Nord-Kivu avec 12 incidents (25 %), de l’Ituri avec 6 cas, puis du Tanganyika et du Maniema avec chacun 3 incidents. Cette hausse reflète une nouvelle dégradation du contexte sécuritaire, surtout dans le Sud-Kivu en fin d’année.

Depuis janvier 2025, 626 incidents affectant les humanitaires ont été enregistrés à l’échelle nationale. Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée, avec 290 incidents, soit 46 % du total, devant le Sud-Kivu (177 incidents), l’Ituri (89), le Tanganyika (48) et le Maniema (22). OCHA souligne toutefois qu’en décembre, la proportion des incidents a été plus élevée au Sud-Kivu, en lien avec les changements de lignes de front, tandis que celle du Nord-Kivu a légèrement diminué par rapport à la moyenne annuelle.

Concernant la nature des incidents, OCHA précise que la situation reste globalement la même que les mois précédents. Les vols, cambriolages et intrusions représentent 36 % des cas, suivis des restrictions de circulation à 34 %, et des menaces, intimidations ou agressions physiques à 27 %. Ces actes montrent la pression constante qui pèse sur les opérations humanitaires dans l’Est du pays.

Depuis l’année dernière, l’intensification des combats, notamment les attaques de l’AFC/M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes. Cette situation a aggravé une crise humanitaire déjà très fragile, avec de nombreuses victimes civiles, des routes coupées et un accès de plus en plus difficile aux populations dans le besoin.

Malgré ces conditions très difficiles, les organisations humanitaires continuent leurs activités vitales, en négociant l’accès aux zones touchées et en apportant des soins médicaux d’urgence, de la nourriture et d’autres aides essentielles. L’ONU insiste sur la nécessité d’un accès humanitaire rapide, sécurisé et sans entrave, afin de sauver des vies.

Enfin, bien que des efforts diplomatiques soient en cours, notamment le processus de Washington entre la RDC et le Rwanda et l’implication du Qatar dans la crise opposant Kinshasa à l’AFC/M23, la situation sur le terrain reste préoccupante. De nombreuses voix appellent les différentes parties à respecter leurs engagements, afin de faire taire les armes et donner enfin une chance réelle à la paix après près de trente ans de conflit dans l’est du pays.

Pascal NDUYIRI

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