mardi, janvier 13

Droits d’auteur au Burundi : les auteurs des œuvres intellectuelles appellent à une protection juridique effective

Réunis en atelier du 07 au 08 Janvier 2026 au chef-lieu de la Commune Muyinga, en province de Buhumuza, les auteurs des oeuvres intellectuelles, culturelles et artistiques en provenance de cette province ont interpellé l’Etat Burundais sur l’urgence de renforcer et de vulgariser la loi protégeant les droits d’auteur et droits voisins, tout en la rendant accessible au grand public par sa traduction en Kirundi. Une réforme attendue, jugée indispensable pour garantir une juste rémunération des créateurs et faire de la propriété intellectuelle un véritable levier de développement.

Organisée par le Ministère de la jeunesse, des sports et de la culture via l’Office Burundais des Droits d’auteurs et droits voisins (OBDA), la rencontre a rassemblé des artistes musiciens, écrivains, cinéastes, utilisateurs d’œuvres culturelles et artistiques, autorités communales, responsables de la justice et de la sécurité, ainsi que des représentants de l’Office Burundais des recettes, tous issus de la province de Buhumuza.

Les travaux ont été ouverts par Anatole Iradukunda, conseiller juridique au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Il a souligné que la propriété intellectuelle ou artistique constitue un secteur stratégique capable de contribuer significativement à l’émergence économique du Burundi. Selon lui, une protection effective des droits d’auteurs et droits voisins leur permettrait de vivre dignement de leur travail, de s’autonomiser et de participer activement au développement national, au lieu de voir leurs œuvres exploitées sans contrepartie.

Au cours de l’atelier, les auteurs des œuvres intellectuelles, culturelles et artistiques ont également été invités à enregistrer systématiquement leurs œuvres afin de faciliter la perception des redevances dues par les utilisateurs, à travers l’Office burundais des droits d’auteurs et des droits voisins (OBDA).

Les échanges ont porté par la suite sur le rôle des œuvres intellectuelles et artistiques dans l’économie nationale, la responsabilité des institutions chargées de protéger les droits d’auteurs, ainsi que sur l’arsenal juridique existant.

Les participants se sont notamment interrogés sur le fait que la loi sur la protection des œuvres intellectuelles demeure peu appliquée et qu’elle ne soit toujours pas disponible en kirundi, une situation qui limite sa compréhension et son appropriation par les principaux concernés.

Évoquent les causes de cette inertie, la Directrice générale de l’OBDA, Claudette Mukankuranga, a reconnu l’existence de plusieurs obstacles, notamment l’absence de textes réglementaires d’application. Elle a également pointé le manque de moyens juridiques permettant à l’OBDA de contraindre les utilisateurs d’œuvres à s’acquitter des redevances, ainsi que l’insuffisance des ressources humaines et financières de l’institution.

Au terme des travaux, l’ensemble des participants a plaidé pour une accélération de la mise en œuvre de la loi, le renforcement des capacités de l’OBDA et la dotation de cette institution en moyens adéquats. Un pas jugé essentiel pour faire de la propriété intellectuelle un moteur de création de richesses au bénéfice des artistes, de leurs familles et, au-delà, de l’économie nationale.

Dodo MATHE

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