mardi, janvier 13

Burundi/Semaine du Banquier 2025 : le système bancaire appelé à accélérer le financement du secteur réel

L’Association des Banques et Établissements Financiers du Burundi (ABEF) a organisé, du 15 au 17 décembre 2025, la troisième édition de la Semaine du Banquier, placée sous le thème : « Le rôle des banques dans le financement du secteur réel ». Ce rendez-vous stratégique a réuni les autorités publiques, la Banque de la République du Burundi, les établissements bancaires, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que le monde académique, autour des enjeux liés au financement de l’économie productive.

L’ouverture officielle des travaux, intervenue le mardi 17 décembre, a été marquée par la présentation d’une étude de référence couvrant la période 2008–2024. Selon le Président de l’ABEF, Roger Guy Gyslain Ntwenguye, cette analyse, parmi les plus exhaustives menées par l’Association, met en évidence le rôle déterminant du secteur bancaire dans la croissance économique du Burundi, malgré un contexte marqué par des cycles économiques contrastés, des réformes réglementaires majeures et des chocs externes.

Les résultats de l’étude révèlent une corrélation très forte entre le volume des crédits bancaires et le Produit intérieur brut (#PIB), supérieure à 0,90. Cette relation étroite traduit l’impact direct du financement bancaire sur la création de richesse nationale. La même dynamique est observée dans les secteurs clés de l’économie, notamment l’agriculture, le commerce, l’industrie et la construction, où les coefficients de corrélation dépassent également 0,90. Même dans des filières en restructuration, à l’image du café, le lien entre crédit bancaire et performance économique demeure significatif.

L’étude identifie par ailleurs l’année 2020 comme un tournant majeur, marqué par une accélération du financement des secteurs productifs. Cette évolution est notamment attribuée aux mesures incitatives de la Banque Burundaise, telles que le refinancement à taux préférentiels et le plafonnement des taux débiteurs à 8 % pour les secteurs prioritaires.

Malgré ces avancées, plusieurs contraintes structurelles continuent de limiter le financement du secteur réel. Il s’agit notamment de la prédominance des ressources bancaires à court terme, peu adaptées aux projets d’investissement de longue durée, des besoins importants en devises pour les secteurs productifs, ainsi que de la faiblesse des mécanismes de couverture des risques, notamment face aux aléas climatiques et à la volatilité des marchés.

Intervenant au nom du Gouvernement, la Secrétaire permanente au ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, Inarukundo Fancine, a salué les progrès réalisés par le secteur bancaire et sa contribution tangible à la croissance économique. Elle a toutefois appelé les banques à renforcer davantage leur appui au secteur réel, en particulier aux secteurs productifs stratégiques. Elle a notamment relevé la faiblesse persistante du financement de l’agriculture, qui ne capte qu’environ 10 % des crédits bancaires, malgré son rôle central dans l’économie nationale et l’emploi.

La Secrétaire permanente a également attiré l’attention sur le potentiel encore sous-exploité du secteur minier, générateur de devises et levier important de diversification économique, mais encore faiblement financé par le système bancaire. Elle a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à poursuivre les réformes visant à améliorer l’environnement macroéconomique et financier, à réduire les risques systémiques et à encourager un financement plus durable des secteurs porteurs de croissance.

Dodo MATHE

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