
Le général Malien Daouda Traoré a été installé le samedi 20 décembre 2025 à Bamako comme commandant de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES), lors d’une cérémonie présidée par le général Assimi Goïta.
La délégation nigérienne était largement et bien représentée, avec la présence du ministre de la Défense le Général Salifou Modi, du chef d’état-major général des armées, le Général Salao Barmou et de deux compagnies militaires, signe de l’engagement de Niamey dans la mise en œuvre rapide de la force conjointe.
La représentation Burkinabè, quant à elle, était en revanche très limitée, c’est le moins qu’on puisse dire, seul le ministre de la Défense a assisté à la cérémonie. Le chef d’état-major général des armées du Burkina Faso et les unités militaires attendues n’étaient pas présents.
Selon plusieurs sources militaires et diplomatiques à Bamako, cette absence a suscité des interrogations et même une certaine irritation parmi les délégations. D’après les indiscrétions, cette situation serait liée à un désaccord sur le calendrier de l’installation de la Force unifiée. Un sommet de l’AES est prévu le 23 décembre, à l’issue duquel la présidence tournante de l’Alliance doit revenir au capitaine Ibrahim Traoré et au Burkina Faso. Ouagadougou aurait souhaité que la cérémonie intervienne après ce sommet. Question de propagande bien évidemment.
La décision de Bamako d’organiser l’installation avant cette échéance est vue, dans certains cercles, comme une volonté de finaliser, à tout prix, le dossier avant la fin de la présidence malienne et en attribuer le mérite à Assimi Goïta
L’épisode intervient alors que l’AES cherche à renforcer sa coopération sécuritaire, qui n’est qu’illusoire sur le plan opérationnel, pour le moment et veut afficher une union qui est juste de façade. On se rappelle encore que l’armée burkinabè avait tout simplement refusé de participer à l’escorte de sécurisation des camions-citernes nigériens offerts au Mali pour faire face au blocus du JNIM.
Dodo MATHE